Pour une revue d'effectif marquée par ce match d'entraînement entre Lions, samedi à Léopold Senghor, Stephan a presque dévoilé ses arguments pour la confrontation Sénégal-Togo du 18 juin prochain. Avec un présumé onze de départ remanié par rapport à la sortie de Brazzaville.
Les Lions aiment le soufre de la compétition. Et sous la bannière de la «tanière», chef Stephan a pris le plaisir de concocter pour ses poulains un menu d'avant grand-rendez-vous (il l'avait fait avant Congo-Sénégal), à base «d'explication familiale» : comme cette séance de deux fois 40 minutes entre Lions (2-1), samedi au stade Léopold Senghore
Mais loin d'une récréation, ce programme sorti du chapeau du sélectionneur national vise surtout à remodeler les certitudes de la sélection envolées dans l'après-midi de Débat (Congo-Sénégal : 0-0). A recomposer une défense encore instable depuis la défection pour blessures de ses titulaires (Daf, Malick Diop, Diawara). Avant de trouver la clé d'un milieu de terrain du Sénégal au jeu souvent stéréotypé pour surprendre ses adversaires. De la belle matière pour Stephan.
Tout le monde est là à se multiplier sur le pré de Léopold Senghor. Même les «bannis» de Brazzaville, Habib Bèye et Lamine Diatta. Deux défenseurs revenus en grâce aux yeux du Breton, et éléments moteurs du quatuor de l'arrière du samedi : Coly-Diatta-Diakhaté-Bèye. La configuration de la défense titulaire pour l'attendu Sénégal-Togo de samedi prochain ? : «L'équipe qui affrontera le Togo a pris forme cet après-midi (samedi). Et il y a beaucoup de chances de retrouver cette défense samedi prochain», renseigne sans détour, Stephan. Qui a, au passage, reversé Mamadou Seck et Ibou Faye (sacrifiés de l'après-congo ?) dans l'autre sélection de Lions composée certainement des remplaçants (dont Moussa Ndiaye).
L'équipe des probables partants pour le 18 juin, emmenée par la triplette d'attaque Diouf-Henri-Niang, a montré plus de cohésion dans son jeu. Avec un milieu de terrain, Aliou Cissé-Bouba Diop-Issa Bâ, au sein duquel ce dernier a donné, le plus gros du temps, beaucoup de vitesse à la circulation du ballon. Lui valant aussi la reconnaissance d'un public privé depuis de sa vista. Alors qu'Aliou Cissé (houspillé par moments par Léopold Senghor), placé devant la défense, tâtonne, remise nombre de ses ballons en arrière, comme perdu... par cette tâche qui lui valut, jadis, l'onction «Mondiale».
La défense, point sensible de la réflexion stephanienne, s'est agrippée sur la gnac du jeune Diakhaté (qui a marqué visiblement des points) muselant le duo d'attaque adverse, Moussa Ndiaye-Cheikh Niang (Jaraaf). Ne laissant pas en reste Ferdinand Coly, encore égal à son bel après-midi brazzavillois sur son aile droite, multipliant les dédoublements au grand dam de la ligne verticale adverse, Boukhary Dramé-Diagne-Faye-Mendy. A ce moment, les choses semblent se clarifier : la paire centrale Diatta-Diakhaté démontre du sérieux et de la concentration. Sur son aile gauche, Habib Béye compense son manque de vécu dans ce rôle par sa vivacité de coutume et Coly confirme au fur et à mesure sa bonne bourre de l'heure : «C'est bien pour tout le monde de prendre des repères. On a vu de belles choses, notamment beaucoup d'intensité par moments. C'est encourageant», reconnaît Stephan.
Inspirant alors le duo Bouba Diop-Diouf qui se faufile dans la défense adverse, avant que l'attaquant ne centre pour la patte sûre de Niang, «qui est là pour faire la différence» (Stephan), bien placé au point de penalty et qui ne laisse aucune chance à Pape Mamadou Diouf (1-0, 49e). Deux minutes plus tard, Mamadou Seck (sorti après sur une petite blessure) égalise sur un tir sur le poteau de Ousmane Ndoye que le défenseur d'Ajaccio reprend (1-1, 51e). Avant qu'Henri Camara n'arrache le dernier mot : sur un coup franc de Diouf, il devance la défense adverse et reprend rageusement d'un coup de tête victorieux le ballon (2-1, 54e). Fin de «récréation». Et d'un après-midi de répétition générale d'avant Sénégal-Togo. Où le Breton, sourire en coin, a trouvé des motifs de satisfaction. Entre une défense retrouvée (?), un milieu de terrain plus «cérébral» que l'emprunté duo Bouba Diop-Diagne-Faye du Congo-Sénégal et une attaque qui assume ses responsabilités. Maintenant, il faut attendre le 18 juin pour traduire, en configuration officielle, toutes ces bonnes volontés.
Instantané : Henri-Diouf, zeste de paix
La scène est impayable. Elle se passe à la 54e mn du match de samedi dernier entre les Lions. Henri Camara vient juste de marquer le 2e but (2-1) de son équipe sur un coup franc bien travaillé de Diouf. Le public encense le «Lapin-flingueur». Qui épate encore plus son monde en allant trouver Diouf et s'agenouiller devant le «Vagabond» pour lui cirer la pompe en signe... de respect.
Une démonstration du buteur souvent utilisée par les footballeurs, mais qui a valu à Henri les applaudissements de la loge officielle et l'ovation de la tribune opposée.