Mamadou Niang ne croyait pas un jour réussir dans le football. Mais à force de persévérance, il est passé d'un statut de remplaçant à Troyes à celui de nouveau fer de lance de l'attaque olympienne.
Après de longues négociations entre Strasbourg et l'OM, Mamadou Niang a enfin rejoint la cité phocéenne. Le montant de la transaction s'élève à 7 millions d'euros environ, sachant que le club alsacien bénéficiera d'une prime si l'OM se qualifie pour la Ligue des Champions et touchera également un pourcentage sur la plus-value éventuelle réalisée par l'OM à la revente. Pour Strasbourg, c'est le deuxième plus gros transfert de l'histoire du club après un certain Péguy Luyindula, vendu 9 millions d'euros à Lyon en 2001. Il arrête le foot à 18 ans
Mamadou Niang a changé de statut. Il est assurément à un tournant de sa jeune carrière, débutée un peu sur le tard à Troyes. Natif de Matam au Sénégal, "Mama" a grandi en France avant de se faire remarquer par des émissaires havrais : il intègre ainsi le centre de formation du Havre où pendant deux années (1996-1998) il y fera ses classes. Mais la réussite n'est pas au rendez vous, au point que Mamadou décide d'arrêter le foot pendant un an. Il sera relancé par Carlos Lopez, recruteur pour Troyes. Il rejoint alors le Troyes d'Alain Perrin à l'âge de 19 ans. Niang doit faire ses preuves pour pouvoir prétendre intégrer le groupe pro. Pour sa première année dans l'Aube, Mamadou joue dans un club amateur de l'agglomération troyenne alors que l'équipe première monte brillamment D1. Il signe alors son premier contrat pro pour la saison 2000/2001.
28 Juillet 2000, Stade Vélodrome
Devant 55 000 spectateurs, le jeune Niang entre sur le terrain du Vélodrome à la 77e minute alors que son équipe, Troyes, est menée 2 buts à 1 par l'OM d'Abel Braga. C'est le premier match en D1 pour "Mama" qui n'empêchera pas la défaite du promu troyen 3-1. Ce baptême du feu passé, Niang continue à faire de courtes apparitions avant de disparaître un peu de la circulation, la concurrence en attaque à l'époque étant assez rude : Djukic, Goussé, Boutal, Ghazi, Jbarbi, Saïfi... La renaissance ou plutôt la véritable naissance de Niang s'opère lors du match Troyes-Metz (27e journée, 18 Février 2001). Alors que le score est de 2-2, Alain Perrin décide de faire rentrer "Mama" à dix minutes de la fin. A la dernière seconde du temps réglementaire, Niang délivre le stade de l'Aube en trompant le portier messin. Ce but, le premier de Mamadou en D1, offre quasiment le maintient à Troyes, classé 9e avec 38 points après cette rencontre. Niang récidivera lors de 29e journée à Monaco, où il réduit le score à 4-3 dans le temps additionnel, quelques minutes après son entrée sur le terrain. Alain Perrin ne change pas pour autant son attitude avec Niang qui finit donc la saison avec 2 buts en 10 apparitions, sans être une seule fois titulaire.
Niang veut se faire un nom
La saison suivante, Niang découvre l'Europe (2 matchs en intertoto) et marque 3 buts en 17 apparitions en Ligue 1. Mais son statut d'éternel remplaçant lui colle à la peau. Le départ d'Alain Perrin pour l'OM en 2002 marque le déclin du club troyen qui connaît une première partie de saison exécrable, alors que Niang lui commence à trouver sa place dans l'effectif (20 apparitions, 3 buts). Il est par ailleurs appelé pour la première fois en équipe nationale du Sénégal. Mais en Janvier 2002, Niang est prêté à Metz qui évolue alors en Ligue 2. Sous la houlette de Jean Fernandez, Mamadou va rapidement trouver ses marques en Lorraine, aux côtés d'Adebayor avec lequel il forme un duo d'attaque redoutable. Le togolais et le sénégalais font un malheur notamment en Coupe de la Ligue où Metz sort Bordeaux et Nantes avant de chuter en demi-finale contre Sochaux. En Lorraine, Niang marque 5 buts en 12 matchs. Metz veut le garder mais c'est finalement Strasbourg qui fait signer le joueur pour 700 000 euros.
Strasbourg, une histoire de duo
Niang connaît un début de saison extraordinaire, au bout de sept journées, il est le meilleur buteur du championnat en totalisant 5 buts. Avec son compère Ljuboja, il régale les supporters strasbourgeois. Après ce départ canon, le sénégalais s'essouffle mais surtout, Niang est orphelin du départ de Ljuboja au PSG au mercato d'hiver. Finalement, Mamadou conclue cette saison 2003-2004 avec 10 buts en 25 matchs (toutes compétitions confondues). La saison 2004-2005 va révéler au grand jour le talent de "Mama" qui trouve en la personne de Pagis un nouveau compère d'attaque. Ce duo fera beaucoup de bien au Racing et beaucoup de mal aux adversaires des alsaciens : Pagis termine avec 16 buts, Niang à 15 (12 en Ligue 1, 3 en coupe de la Ligue). Mamadou remporte avec Strasbourg son premier trophée de sa carrière : la coupe de la Ligue. En finale contre Caen, c'est lui qui ouvre le score d'une tête décroisée. Le Racing l'emporte finalement 2-1. Avec 38 matchs dans les jambes, on peut dire que Mamadou a réalisé une saison plus que complète. Il attise alors la convoitise, notamment de l'OM qui sera le premier choix du sénégalais, épanoui tant en club qu'en sélection (3 buts sur les deux derniers matchs des lions de la Teranga).
Une ascension fulgurante
Désormais, son avenir est lié à celui de l'OM pour quatre ans. Un voeu exaucé : "Pour l'instant je suis à Strasbourg, je me bats pour eux et peut-être qu'un jour Strasbourg me le rendra en me permettant de signer dans un grand club." avait-t-il déclaré il y a deux ans. A l'OM, son entente avec Luyindula sera primordiale tant on sait que Niang affectionne ce genre de relation (Adebayor, Ljuboja, Pagis). Le Vélodrome, qui l'a vu débuter en Ligue 1, a hâte de voir à l'½uvre cet attaquant puissant (1m78, 80 kgs) et véloce. Il n'y a même pas trois ans, Mamadou était venu avec Troyes au Vél' en tant que remplaçant (OM-Troyes 5-1, 16e de finale de la coupe de la Ligue), maintenant ce sera à lui de porter l'attaque olympienne : à 25 ans et 29 buts en Ligue 1, voila un beau challenge.